Comme nous vous l'annoncions "dans notre dernière édition", nous vous offrons quelques pages d'histoire.

C'est le Hangar à Sel qui débute cette série consacrée au Patrimoine des Portes. De son nom scientifique, salorge, le hangar à sel servait de remise pour le sel des sauniers de la commune. Il était ensuite acheminé par voie maritime vers d'autres ports du littoral d'où il était embarqué sur des gabares qui remontaient les fleuves (La Charente, par exemple). 

Puis, il était vendu dans les villes et les campagnes où il servait à la conservation des viandes et poissons. Ces mêmes gabares redescendaient la Charente chargées de canons (Fonderie de Ruelle), de pierres de tailles (Crazannes, St. Même les Carrières), de bois de chêne ( Limousin).

salorge: nom féminin (mot dialectal, du latin sal, sel, et horreum, grenier)

 

Le bourg actuel des Portes-en-Ré apparaît au Moyen-Âge, il dépend alors du prieuré Saint-Etienne d’Ars. Son nom trouve son origine dans sa position géographique, à l’entrée du Fier et de l’ancienne île d’Ars.

Situé à l’extrémité de l’île, le village reste longtemps isolé. Enfin relié à l’île d’Ars au XVe siècle, ce territoire est érigé en paroisse en 1548 mais demeure difficile d’accès jusqu’au XXe siècle.

La mer est alors la principale voie de communication. Au début du XVIe siècle, le développement des marais salants autour du Fier attire de nouvelles familles. On peut noter le rôle important de deux notables fortunés, Jehan Conan et Jehan Mervaud, qui en créant des salines à proximité du bourg vont le protéger des submersions.

C’est au XVIIe siècle que ces prises atteignent leur plein essor. Afin que les bateaux qui remontent les chenaux puissent accoster et effectuer leur chargement de sel, les habitants construisent des appontements et des charges. Une de ces charges se nomme « le Vieux Port de la paroisse ». Elle se situe au fond d’un méandre du chenal. Cette dernière permet le chargement du sel mais aussi le débarquement des vivres que les habitants ne peuvent pas produire. Rapidement, l’étroitesse et le faible courant entrainent l’envasement des chenaux et seuls les bateaux de petit tonnage peuvent encore y naviguer.
Au début du XIXe siècle, la situation du Vieux Port est devenue critique, en raison d’un mauvais entretien qui va jusqu’à le rendre impraticable en hiver. Des travaux commencent à être envisagés par le négociant Jean-Baptiste Bernaud qui, pour financer le projet, demande à percevoir sur chaque bateau qui accostera dans le port 50 centimes par tonneau. Ce projet est refusé par le préfet mais permet d’introduire l’idée de la construction d’un port à cet endroit.

 

à suivre...                                                                                                                                                         J.L.G.